Alors que les équilibres terrestres se fragilisent, mon travail interroge le déplacement des imaginaires de conquête vers l’espace. J’ai choisi la Lune, compagne silencieuse et miroir de nos ambitions, devenue aujourd’hui territoire projeté et sol à exploiter. Dans mes œuvres, elle apparaît fragile, blessée, parfois sombre ou transparente. Ses cratères deviennent des cicatrices, traces d’une démesure humaine qui cherche ailleurs ce qu’elle n’a pas su préserver ici. Entre gravure, gaufrage, or et jeux de transparence, je fais émerger une tension constante entre admiration et appropriation, lumière et extraction. La Lune devient un seuil symbolique : non pas une frontière à conquérir, mais un lieu pour réinterroger notre rapport au monde, au vivant, et à ce que signifie encore « habiter ». Le projet se poursuit sur de grands formats... (Photo : Emmanuelle Cascail)